Dimanche 24 mai – 10h salle des fêtes des Carrières

Discours d’installation de Christophe Choserot, Maire de Maxéville:

 » Chers Collègues,

Depuis des semaines, le pays, l’Europe, le monde font face à une terrible épidémie, le coronavirus Covid 19. Nous sommes en train de vivre des jours difficiles.

Nous avons tous ressenti la peur, l’angoisse pour nos parents, nos familles, nos amis, nos collègues,  pour nous même face à ce virus redoutable, invisible, imprévisible. La fatigue et la lassitude pour certains, le deuil et le chagrin pour d’autres. 

Le confinement que l’on a connu, a été encore plus difficile à vivre lorsqu’on habite à plusieurs dans un appartement exigu, lorsqu’on ne dispose pas chez soi des moyens de communications nécessaires pour apprendre, se distraire, échanger. Encore plus difficile à vivre lorsque les tensions sont là, que les risques de violence dans la famille rythment le quotidien et nous avons mesuré tous, dans cette période, la solitude et la tristesse de nos aînés. 

Et pourtant, grâce à nos efforts, chaque jour nous avons progressé. Le confinement a eu les effets escomptés : la tension sur les services hospitaliers a diminué ainsi que la progression du virus au sein de la population. Sommes-nous sortis d’affaire ? La réponse est non. Il faut apprendre à vivre avec le virus dès lors qu’aucun vaccin, qu‘aucun traitement n’existe pas à ce jour.  Nos fonctionnaires et personnels de santé, médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, secouristes, nos militaires, nos pompiers, nos pharmaciens ont donné dans cette première ligne toute leur énergie pour sauver des vies et soigner. Ils ont tenu. Les hôpitaux français ont réussi à soigner tous ceux qui s’y présentaient. Ces journées, ces semaines ont été et resteront l’honneur de nos soignants, en ville comme à l’hôpital. 

Dans la deuxième ligne, nos agriculteurs, nos enseignants, nos chauffeurs routiers, livreurs, électriciens, manutentionnaires, caissiers et caissières, nos éboueurs, personnels de sécurité et de nettoyage, nos fonctionnaires, nos journalistes, nos travailleurs sociaux, nous autres élus et j’en oublie tellement aidés par tant de Français qui se sont engagés ont permis à la vie de continuer.

Alors, étions-nous préparés à cette crise ? A l’évidence, pas assez mais nous avons fait face en France comme ici à Maxéville. Nous avons donc dû parer à l’urgence, prendre des décisions difficiles à partir d’informations partielles, souvent changeantes, nous adapter sans cesse, car ce virus était inconnu et il porte encore aujourd’hui beaucoup de mystères. 

A Maxéville, nous avons répondu à cette urgence et à cette crise, en accompagnant les plus fragiles. Nous avons informé, même rassuré et réconforté nos habitants. Nous avons soulevé des montagnes en installant en moins de 3 semaines une usine de production de masques pour l’ensemble du département de Meurthe-et-Moselle. Des initiatives citoyennes remarquables de solidarité ont vu le jour.

Alors maintenant, Est-il raisonnable d’oser affirmer ou de laisser croire, voire de laisser espérer que le jour d’après sera différent et meilleur que le jour d’avant.

Rebâtir ! le verbe est engageant et plein de promesses. Pour que les promesses deviennent des réalités,  le Pays devra faire preuve d’un autre état d’esprit que celui qu’il  a donné à constater ces dernières décennies.

L’avenir de notre Nation se résume à une seule question qui vaille. La France est-elle capable de rebâtir ? L’Europe en est-elle capable ? Le monde en est-il capable ?

Pour réussir le défi du renouveau, mes chers collègues, que permet paradoxalement le virus, l’état d’esprit nécessaire devra réunir Concorde et dépassement. Rebâtir sera un travail collectif et nous y prendrons toute  notre part. 

Nous devons nous attacher à regarder tout ce que la vie montre de bien et de bon. A côté des insatisfactions permanentes et des jugements à l’emporte pièces ne supportant aucune contradiction, ni discussions,  il y a la démonstration chaque jour  du potentiel d’engagement et d’humanité qui permet de penser que si on s’y prend bien, rien n’est perdu. Tout dépend de nous.

Dans ce contexte, notre conseil municipal est installé pour le mandat 2020 / 2026. Il est installé dans une situation exceptionnelle.

Je veux remercier, le doyen d’âge, Monsieur Bernard Ricci, pour l’organisation  de cette séance et pour le discours qu’il nous a adressé.Je veux rendre un hommage appuyé, pour tous les assesseurs, scrutateurs, délégués, président, vice-président, élus et fonctionnaires de la ville pour l’organisation des opérations de vote du premier tour des élections municipales. Ils ont fait preuve de calme et de responsabilité citoyenne. Je salue le civisme exemplaire des électrices et électeurs qui ont scrupuleusement respecté les précautions dictées. J’ai une pensée pour ces nombreux concitoyens qui ne sont pas venus voter pour préserver leur santé. Je mesure combien cela leur a été difficile de ne pas se rendre aux  urnes.

Ce scrutin est derrière nous, le conseil est enfin  installé, prêt à relever les défis qui sont devant nous au service de notre ville et de ses habitants.

Un conseil prêt aussi à se hisser collectivement majorité et opposition à la hauteur du moment présent.

Les résultats du premier tour des élections municipales le 15 mars dernier sont sans appel et nous obligent. La liste que j’avais l’honneur de conduire « Maxéville, les énergies rassemblées » a obtenu le score de 73,73%. Ce score est historique à Maxéville, jamais un maire et une équipe sortante n’ont obtenu un tel résultat.

Je remercie les Maxévilloises et les Maxévillois qui nous ont renouvelés massivement leur confiance.

Nous pouvons tirer 3 enseignements de ce résultat et de ce scrutin.

Le premier, c’est la reconnaissance de notre bilan par nos concitoyens. Ce bilan nous l’avons porté fièrement dans la campagne électorale confiant dans nos idées et sûr de nos convictions.

Depuis 2014, nous avons redressé les finances de la ville, ville qui était en situation de surendettement, en quasi défaut de paiement. Les caisses étaient vides, suite à la gestion catastrophique de mon prédécesseur, qui décidait de tout, tout seul et tout mal.

Depuis 2014, nous avons placé l’éducation, la jeunesse, l’enfance et la petite enfance comme priorité absolue.

Depuis 2014, la solidarité a été portée comme un lien puissant unissant entre eux les habitants.

Depuis 2014, la participation citoyenne, la démocratie coopérative ont été installés dans les politiques de la ville et ont été placés comme préambule à toutes décisions. A Maxéville la participation citoyenne, la citoyenneté ne sont pas un slogan, mais une réalité. Les habitants ne sont plus spectateurs mais acteurs actifs de la ville. Les Maxévillois n’ont pas attendu ce scrutin pour devenir citoyens, ils le sont et  ils le sont pleinement.

Depuis 2014, la culture, les manifestations, les associations, le sport ont été portés comme vecteur du vivre ensemble, ciment de notre République.

Depuis 2014, des investissements importants ont été initiés et réalisés, des investissements utiles pour les Maxévillois.

Depuis 2014, c’est l’image de notre ville qui a changé, son attractivité, son rayonnement. Elle a repris sa place au sein de la Métropole du Grand Nancy.

Le 2ème enseignement de ce scrutin, mes chers collègues, c’est la reconnaissance là aussi par les habitants de la pertinence et de la force de notre programme. Un programme qui s’inscrit dans la poursuite des actions entreprises depuis 6 ans, qui recherchera toujours l’amélioration de la qualité de vie, rendra Maxéville encore plus solidaire et innovante et l’inscrira résolument dans une transition écologique, énergétique et environnementale.

Le 3ème enseignement de ce scrutin, les Maxévilloises et Maxévillois se sont reconnus dans la liste que nous avons présentée, une liste de femmes et d’hommes qui leur ressemble, une liste de femmes et d’hommes engagés, une liste de femmes et d’hommes qui partagent les mêmes convictions, une liste de femmes et d’hommes de tous les quartiers, de tous les âges, de toutes les professions et de toutes les conditions, une liste de femmes et d’hommes qui font Maxéville.

Je veux dire à l’opposition qu’elle aura toute sa place dans ce conseil. Je sais ce qu’est l’opposition, j’ai été avec d’autres ici conseiller d’opposition. L’opposition doit jouer son rôle, elle est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. Je serai toujours à l’écoute de la majorité comme de l’opposition. Je serai là aussi, vous pouvez en être sûr, si vous choisissez le chemin de l’opposition stérile.Le 15 mars dernier, j’ai été élu comme vous, conseiller municipal. Ce matin, vous m’avez élu maire. Je veux vous en remercier. Je porterai cette fonction, vous le savez, en responsabilité, avec bienveillance, humilité, intégrité et authenticité. Je mettrai dans ce mandat toute mon énergie et mes convictions et j’agirai au plus près des habitants. Avec Martine Bocoum et Romain Miron nous porterons la voix des Maxévillois au sein de la métropole du Grand Nancy.

Chers collègues, agissons avec force, le mandat de conseillères municipales et de conseillers municipaux est le plus beau des mandats de notre République. Soyons collectivement à la hauteur des enjeux en portant toujours l’intérêt général.

Je vous remercie. »

*Seul le prononcé fait foi.

Discours de Bernard Ricci, doyen, aux membres du conseil

 » Chers collègues, chers élus,

Avant tout, je voudrais dire que ce n’est pas sans émotion que je succède à Noëlle Bar, Nono pour nous tous, qui tenait ce rôle il y a 6 ans…


Je voudrais vous adresser quelques mots plus personnels que m’autorise cette responsabilité d’installation du conseil qui m’incombe, en raison de l’âge…Petit privilège mais grande fierté…


Tout d’abord, je voudrais remercier Christophe qui, il y a plus de 6 ans, a su fédérer une équipe qui se découvrait, lui faire confiance. Et la confiance, elle ne se donne pas, elle se mérite…Tout au long de ce mandat, nous avons travaillé ensemble et tu as toujours été là, indéfectiblement, écoutant chacun, impulsant chaque projet avec ton énergie légendaire…


Je voudrais revenir sur ces années écoulées…nous rendre hommage !!!
Si nous avons été élus, et je me réfère à l’étymologie de ce mot, c’est parce que nous avons été choisis. Et si nous avons été choisis, c’est parce que nous avons agi…Ce sont toutes les réalisations que nous avons menées sur lesquelles nous avons été jugés.


Il y a 6 ans, nous avons tout découvert, tout affronté, tout mis en œuvre afin de ne pas décevoir la confiance que les Maxévillois venaient de nous témoigner, nous nous devions d’honorer nos promesses, les promesses de notre programme, tâche ardue.

Ces 6 années, si elles ont parfois été éprouvantes et la fin de ce mandat en est l’illustration douloureuse, elles ont toujours été exaltantes.
Répondre aux attentes mais aussi anticiper les problèmes, innover, rénover, imaginer…


Les difficultés rencontrées ont sans doute contribué à souder notre équipe. Les angoisses, il faut pouvoir, savoir les partager…Il a fallu nous découvrir, nous apprivoiser, nous connaître tous. Et bien souvent, ce sont des amitiés très fortes qui sont nées. Mais il ne faut pas imaginer qu’il n’y ait pas eu de discussions, de débats, d’échanges parfois musclés, de controverses…


Et si nos colorations politiques ne sont pas uniformes, elles sont toutes marquées par des valeurs communes qui reflètent les attentes des Maxévillois. Et c’est sans doute aussi pour ces valeurs partagées que nous avons été élus : l’humanisme, la défense des plus démunis, la priorité accordée aux enfants, à l’école Républicaine, à la solidarité, au respect des plus âgés, à la défense de la culture de l’emploi, à l’environnement, à l’écologie, toutes ces valeurs ont été des fers de lance auxquels nous n’avons jamais renoncé.


Il est des mots qu’on utilise à tout va, galvaudés, vidés de leur sens mais tant pis, je voudrais avancer celui d’éthique…


Si nous avons été élus, c’est sans doute également parce que nous incarnons une certaine éthique. Nous n’avons pas cherché la mise en lumière ; souvent, c’est un travail de l’ombre que celui d’adjoint, de conseiller. C’est beaucoup de doutes, de décisions qui engagent des budgets, beaucoup d’angoisses et j’en sais quelque chose en cette période cauchemardesque où nous avons pris la décision d’ouvrir les écoles, sans jugement susceptible d’infléchir le choix des parents, soucieux de garantir la sécurité sanitaire maximale pour les enfants, les enseignants, les animateurs, tous les personnels qui interviennent.


Ce n’est pas pour soi qu’on s’engage. Ce n’est pas pour satisfaire notre petit ego mais pour les autres, toujours, que nous avons œuvré et que nous devrons œuvrer encore avec humilité et respect de l’autre.


Et puisqu’il est question d’éthique, sans doute estce un effet de l’âge mais dans la société qui est la nôtre, le mode de communication actuel m’inquiète / me dérange souvent.

Être élu, c’est avoir un devoir d’exemplarité, de vigilance. Nous devons être irréprochables sur ce que nous relayons, diffusons, commentons. Les décisions, nous les prenons collectivement, nous les assumons collectivement, solidairement, dans le respect requis.


Je ne peux pas prendre la parole aujourd’hui sans remercier tous les services de la ville qui ont travaillé avec nous. Au début, il nous a fallu apprendre à connaitre tous les acteurs avec lesquels nous allions travailler, gagner leur confiance. Il a fallu les associer à nos projets, gagner la confiance qui a contribué à la réussite de nos réalisations.


Je voudrais saluer avec émotion également tous ceux qui quittent notre liste et ont partagé ces six années, ils nous manqueront : Nono, notre doyenne, si chaleureuse et dévouée, Patrick beaucoup moins silencieux que ses poissons, Alain notre artiste précieux qui, sur son char de St Nicolas a émigré à Nancy, Mounia la chaleureuse présidente de notre groupe, Alain le sage, discret, sensible, attentif aux autres, Bruno initiateur de l’atelier vélo, au calme olympien, cordial , enfin Didier le créatif et ses sorties fantasques, maintenant nancéien.


Et bien sûr, je voudrais dire un mot à toutes ces nouvelles énergies, vous avec qui nous formons cette nouvelle équipe. Quelle frustration a dû être la vôtre après avoir vécu la campagne avec fébrilité, exaltation, vibré lors de la victoire et ne pas pouvoir la fêter comme nous l’aurions tous rêvé.
Que ce mandat nous permette la poursuite des projets engagés, la réalisation des projets rêvés dans le respect de ces valeurs communes que le mot fraternité devra toujours incarner. »


Le Maire-Adjoint, Bernard Ricci

*Seul le prononcé fait foi.

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